Colère, rage et plaisir : libérer l’énergie (sans la déverser)

Si tu entends le mot colère et que tout en toi dit « non merci, très peu pour moi », reste. Parce que ton plaisir absolu, toutes ces sensations que tu cherches, se trouvent juste en dessous.

J'ai longtemps été persuadée que je ne ressentais pas beaucoup de colère. Et pourtant, je me suis anesthésiée pendant des années. Il y avait un tel décalage entre ce que je montrais au monde et ce qui se passait en moi. Un jour, j'ai compris : ce n'était pas de la colère. C'était de la rage. Et je crois que la plupart des femmes en portent, parfois même une rage qui n'est pas de cette vie, mais de toutes celles d'avant.

Pourquoi la colère nous fait si peur

On a encodé un message : une femme en colère est hystérique, chiante, trop. Alors on ne la ressent pas. Sauf que c'est impossible. Elle sort autrement : en passif-agressif (« non non, fais comme tu veux »), en frustration chronique, en dépression, ou dans le petit verre du soir qui sert moins à déguster qu'à apaiser.

Les émotions sont faites pour circuler. Quand la colère n'a nulle part où aller, c'est comme un tuyau bouché. Et le juge intérieur arrive : « ne fais pas de scandale ». On appelle ça se raisonner. Ce n'est pas réguler.

Le problème, ce n'est pas ta colère. Le problème, c'est qu'elle n'a nulle part où aller.

Une parenthèse sur la polarité

Moins de polarité, moins de désir. Ce n'est pas une question de genre, c'est une question d'énergie dominante. Si les deux sont dans le même pôle, il n'y a plus de magnétisme. Pose-toi la question : avec quelle énergie je m'identifie le plus ? Et quelle est ma croyance sur l'autre ?

4 façons de libérer la rage en sécurité

  • Les coussins. Doigts entrelacés, bras au-dessus de la tête, tu tapes et tu fais des sons. Mets un minuteur, 10 minutes, pour créer un contenant. Va jusqu'à être à bout de souffle.

  • La batte en mousse. Comme une épée. Tu tranches ce qui ne te convient plus, sans chercher à comprendre.

  • Le tantrum au sol. Allongée, genoux pliés, tu tapes des poings et des pieds comme l'enfant de 4 ans dans l'allée du supermarché.

  • Crier. Dans un coussin, ou dans ta voiture avec une musique intense.

Ce qui sort peut être moche. On arrête de vouloir être parfaite. Et respecte toujours tes limites.

La règle du 70/30

Quand ton conjoint t'active, tu fais d'abord circuler environ 70 % de la charge seule, avec les pratiques ci-dessus. Souvent, tu touches alors la tristesse qui était dessous. Les 30 % restants, tu les amènes à l'autre, depuis le cœur : « Quand il s'est passé ça, voilà ce que ça a activé en moi. » Pas « c'est de ta faute ». Les autres ne devraient pas être nos punching balls.

✦ Mini pratique : Après la tempête, la sécurité

Une fois la rage sortie, assieds-toi, mains sur le ventre, et respire longuement par le nez pendant 3 minutes. Tu apprends à ton corps qu'il peut ressentir fort et revenir en sécurité, sans demander à l'autre de te la donner.

Est-ce que tu ressens la colère ? Est-ce que tu te l'interdis ? Est-ce qu'elle t'est totalement inconnue ? Viens me le dire.

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